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Vers la descendance de Guibert FRAISSE
Vers l'arbre d'ascendance de Philippe FRAISSE

Extrait du
"
Traité des droits, fonctions, franchises, exemptions, prérogatives et privilèges
annexés en France à chaque dignité... " :
ouvrage de plusieurs jurisconsultes et gens de lettres.
Publié par M. Guyot,... et Merlin.

Chapitre X.XII :
Des portes-manteaux du Roi.


Il y a le porte manteau ordinaire, &
douze autres portes-manteaux, dont trois
servent chaque quartier.
Ces portes-manteaux prêtent serment
entre les mains du premier gentilhomme
de la chambre en exercice,& c'est de
lui qu'ils prennent certificat de service,
ils servent ayant l'épée au côté.
Leurs fonctions consistent à se trou-
ver tous les matins au lever du Roi, où
ils entrent avec les officiers de la cham-
bre, ils se rendent pareillement au dî-
ner, au souper et aux collations de sa
majestés qui leur donne en garde son cha-
peau, ses gants, & sa canne, quand le
grand chambellan, le premier gentl-
homme de la chambre ou le grand-
maître de la garde-robe n'y sont pas. Après
le repas, si les officiers que nous venons
de nommer, continuent d'être absens,
les portes-manteaux remettent eux-mêmes
entre les mains du Roi son chapeau, ses
gants, & sa canne,

Soit que le Roi aille à la chasse, à la
promenade, à la paume, au billard ou
au bal, le porte-manteaux de service ac-
compagne d'ordinaire sa majesté, parce
qu'elle peut avoir besoin de différentes
choses qu'elle l'envoie chercher, comme
un mouchoir, un manchon, une canne,
&c.
Enfin, quand le Roi sort de ces appartement & marche à découvert, ne fit-
il que traverser les cours, ou se promener
dans les jardins, il est du devoir du porte-
manteau d'aller à la garde-robe pendre
le manteau de sa majesté pour le lui donner, si elle
vient à lui demander.
Lorsque dans certaines cérémonies, le
Roi a un manteau de parade, c'est au
porte-manteau à le lui ôter & à lui re-
mettre sur les épaules, quand toutefois
le grand chambellan, le premier gentil-
homme de la chambre & la grand maître
de la garde-robe sont absens, car s'ils
........................................................étoient

Étoient présent ; ce seroit à eux qu'ap-
Partiendroit l'honneur de servir sa majesté
dans cette occasion.
Les portes-manteaux étant obligés de
garder tout ce que le Roi quitte, comme
ses gants, son chapeau, son manchon,
&c, pour le reprendre quelque temps
après (1), & devant toujours être prêts
à rendre ses choses à sa majesté, ils ont
entrée presque partout où elle va.
Comme l'épée du Roi doit être gardée
tantôt par les écuyers, & tantôt par les
portes-manteux, ils survenoit souvent des
contestations à cet égard entre ces offi-
ciers. Mais pour les prévenir par la suite,
les premiers gentilhomme de la cham-
bre firent à ce sujet, le 25 novembre
1720, conjointement avec le premier
écuyer un règlement dont voici les dis-
positions.
"Lorsque le Roi est à pied, ou en
"carrosse à deux chevaux, c'est au porte-
"manteau à garder l'épée de sa ma-
"jesté :mais lorsque le Roi a des éperons,
"c'est à l'écuyer à prendre l'épée de sa
"majesté dans le moment qu'elle sort de
"sa chambre, où il remet l'épée, quand
"le Roi rentre & quite ses éperons. Que
"si le Roi monte à cheval ou en car-
"rosse à six chevaux, le porte-manteau
"remet l'épée de sa majesté entre les
"mains de l'écuyer, & au retour, quand
"le Roi descend pour rentrer dans l'in
______________________________________(1) Nous disons pour le reprendre quelque-
temps après, car si le Roi quittoit ces choses
pour ne plus les reprendre de la journée, ce seroit
ux officiers de la garde-robe de s'en charger.

"térieur de ses maisons ; où de celles
"dans lesquelles sa majesté peut aller,
"alors l'écuyer rend l'épée au porte man-
"teau : bien entendu que tant que le
"Roi est dehors de ses maisons & jar_
"dins, c'est l'écuyer qui garde l'épée de
"sa majesté,& que la fonction de porte-
"manteau ne commence que dans le
"moment où le Roi descend de son
"carrosse à six chevaux, & rentre dans
"l'intérieur de ses maisons ou jardins,
"qui doivent être regardés alors, par
"rapport au service, comme ses maisons
"& jardins."
Les porte-manteaux ont le droit d'en-
trer à cheval au château, à la suite du
Roi,& ils montent aussi à cheval dans
la cour du château, lorsque sa majesté sort.
Quand le Roi joue à la paume, ils pré-
sentent d'une main les balles à sa majesté.
& garde son épée de l'autre. Ils doi-
vent tenir le compte de ces balles, &
c'est aussi à eux d'arrêter les parties du
maître du jeu de paume pour les frais qui
s'y font, tandis que le Roi joue ; parce
que sa majesté paye toujours tous les frais
de ce jeu soit qu'elle gagne soit qu'elle
perde.
Lorsque le Roi fait donner le deuil à
quelques officiers de sa maison, les por
te-manteaux sont toujours du nombre de
ces officiers.
Les privilèges des porte-manteaux du
Roi, sont les mêmes que ceux des va-
let-de-chambre ordinaire du Roi. Nous
les avons rapporté précédemment au chaptre 19.