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Vers la descendance de Guibert Fraisse
Vers l'arbre d'ascendance de Philippe FRAISSE

Extraits de la thèse de Monsieur Bernard FOUBERT,
soutenue le 21 décembre 1990, à Paris IV (Paris Sorbonne).
"Les habitations LABORDE à SAINT DOMINGUE dans la seconde moitié du XVIII° siècle.
Contribution à l'histoire d' HAITI (Plaine des Cayes)"
.
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La Gérance La Troisième Habitation LABORDE
Par
Marie Etienne FRAISSE
(1777 - 1783
) :


Cette gérance dura six ans, du 16 juin 1777 au 8 août 1783, date de la remise de l'habitation
à LABORDE de MEREVILLE qui la remis les 4 août et les jours suivants
à M. Bernard LAVIGNOLLE, régisseur de la première habitation.

La gérance de M.E. FRAISSE a correspondu à une période d'intense activité,
tant en ce qui concerne la construction des bâtiments que des canaux d'irrigation, chemins, ponts ect...
Elle a coïncidé surtout avec la guerre d'indépendance américaine qui interrompit
pendant cinq ans et demi les relations entre la France et sa colonie.
C'est la reprise en mains de cette habitation par le fils aîné du propriétaire qui entraîna au retour de la paix
l'éviction du gérant.

I La transmission des pouvoirs :
II L'instabilité de l'encadrement :
III L'habitation MERCY :
IV Les esclaves :
V Les Cultures :
VI Le bilan comptable :
VII La révocation de FRAISSE :
VIII L'inventaire du 4 août 1783 :

Conclusion :
Au total, l'inventaire de cette habitation donne une image plus nuancée que la relation qu'en fit
Méréville après avoir visité les lieux.
Les cultures n'avaient pas été sacrifiées malgré les priorités du changement de fabrique.
Leur renouvellement étaient le gage de revenus accrus
tandis que l'abondance des vivres garantissait la bonne santé de l'atelier.

C'est pourquoi l'on peut se demander
si une telle gestion n'aurait pas mieux convenu
à LABORDE que celle qui fut pratiquée sur la première habitation

où l'on sacrifia trop longtemps les cultures aux constructions.

En outre,
la peine et le soin que le régisseur avait pris à réunir les titres
d'un bien ayant subi tant de mutations et de procès* auraient mérité quelques égards
malgré l'absentéisme chronique et les mesquineries du personnage.
On ne lui en sût apparemment aucun gré.
*( Le 27 décembre 1780, FRAISSE avait obtenu de MAILLET-LACOSTE
le dépôt chez le notaire GENSAC des titres de propriété encore en sa possession,
M.E. à LABORDE, 30 décembre 1780).


Malgré le rôle essentiel qu'il joua dans la liquidation des dettes
et malgré les assurances que GÉRARD lui avait prodiguées,
LABORDE se refusa à envisager des compensations.
"Ces sortes d'opérations ne lui paraissant pas susceptibles de rétribution qu'on put fixer à l'avance
mais d'une politesse après les opérations consommées".

Cité par FRAISSE dans le préambule au comte final à rendre à M. de LABORDE, 18 avril 1791.

Au moment de la remise, FRAISSE refusa de rendre les pièces justificatives
des versements fait par lui et DANTAN, exigeant la désignation d'un vérificateur
pour en être déchargé valablement.

Le 15 septembre 1784
,
il fit approuver par LAVIGNOLLE et le notaire LE GOÛT
les comptes de DANTAN et les siens
et entériner la liquidation des dettes de l'habitation,
sans avoir obtenu ni rétribution ni compensation
pour les frais de procédure occasionnés
durant des années, par ses démarches répétées.
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Remarque :
Le 21 messidor de l'an 11. (10 juillet 1803)
Marie Etienne FRAISSE écrit à son frère aîné et il termine ainsi :

"J'ai fini toutes affaires avec Mrs Esmangard. Hélas cela a été bien facile.
Tous les miens leur doivent de partager à jamais mes sentiments d'affection
et de reconnaissance.
Je n'ai pas encore fini avec la maison La Borde
quelques pièces précieuses que j'ai eu bien de la peine à retrouver en sont la
cause.
Mais tout est prêt Nous nous assemblerons sous trois jours et il est
ordonné de suivre la forme juridique c'est celle par arbitres qui ne souffrira
pas j'espère de difficultés...."


Ainsi jusqu'a la fin de sa vie Marie Etienne va donc être pris par cette affaire LABORDE
et cela va même être d'une certaine façon à l'origine de sa mort aux Cayes, le 15 Août 1803.
Puisque la recherche de ces papiers, pour "en finir avec la maison LABORDE"
le fait s'attarder à Saint Domingue où il meurt, alors qu'il est réfugié dans la ville des Cayes.
(sans doute de la fièvre Jaune) le 15 Août 1803, soit environ un mois après cette dernière lettre.

Voir ses dernières lettres à son frère aîné